Dans
la seconde partie de notre entretien, le Sénateur Xavier de Villepin
explique le rôle des douze élus représentant les Français
établis à l'étranger.
Nous lui avons tout d'abord demandé d'illustrer quelques
thèmes au cur de son action, à commencer par la défense
de l'enseignement du Français.
Nous sommes, comme tous les sénateurs, très attachés
à la défense de l'enseignement du Français à
l'étranger. Il existe une agence qui centralise ces problèmes,
l'Agence pour l'Enseignement du Français à l'Etranger (NDLR
: AEFE- http://www.aefe.diplomatie.fr), que nous rencontrons fréquemment.
Pourquoi cet attachement prioritaire à l'enseignement ?
Dans la plupart des cas, les expatriés sont des familles qui partent
avec des enfants à l'étranger, pour qui la présence
d'un réseau scolaire qui permette de suivre le cursus français
est extrêmement importante.
Ce fut mon cas. Je suis parti en 1950 à l'étranger; j'ai
vécu dans plusieurs pays : l'Algérie, le Maroc, l'Australie,
les États-Unis, le Venezuela, l'Italie
. A chaque fois, j'ai
été extrêmement heureux d'y trouver des écoles
françaises.
Pour vous donner un exemple, lorsque je suis parti en 1960 au Venezuela,
j'ai eu du mal à trouver une école (l'information, à
l'époque, était naturellement moins accessible). Par la
suite, aux Etats-Unis, en Italie, en Australie, le choix était
plus facile puisqu'il existe des écoles importantes.
J'ai choisi pour deux raisons de donner à mes enfants, à
un âge où il n'avaient pas le moyen de choisir par eux-mêmes,
un enseignement français à l'étranger :
d'abord car cet enseignement est de qualité.
ensuite pour leur laisser le choix du type d'éducation qu'ils voulaient
recevoir.
Quels sont, selon vous, les problèmes du réseau d'enseignement
français à l'étranger ?
Tout d'abord, les dotations budgétaires sont insuffisantes. Nous
avons, sur ma proposition, écrit au Premier Ministre pour lui souligner,
pour l'année en cours, l'importance du déficit pour le budget.
Il manque 87 millions, selon nous, pour assurer un enseignement correct
de l'enseignement français à l'étranger. Nous lui
avons demandé de combler ce déficit.
Deuxième demande importante, en particulier à Londres,
complètement saturé : on ne peut plus assurer le développement,
même pour les Français qui arrivent. Ceci se fait même
au détriment des Britanniques qui voudraient suivre notre type
d'enseignement, ce qui est tout de même très fâcheux.
Nous avons demandé, pour résoudre tous ces problèmes,
pour dissiper la grogne et le mécontentement des professeurs, qui
n'ont pas les mêmes indemnités qu'en France, une participation
du Ministère de l'Education Nationale au budget de l'enseignement
français à l'étranger.
On pourrait arriver à une répartition entre les jeunes
Français dont l'enseignement serait assuré par le Ministère
de l'Education Nationale français, et les jeunes étrangers
(les jeunes autochtones), qui resteraient sous la tutelle du Ministère
des Affaires Etrangères français, dont c'est le rôle
de veiller à ce que notre enseignement soit à la fois pour
les jeunes Français de l'étranger, et pour les jeunes du
pays où ils se trouvent. Ce qui constituera, dans le présent
et à terme, des amis du réseau de l'enseignement français
à l'étranger.
Comment envisagez-vous l'approfondissement de la coopération
culturelle ?
La France a une vocation de culture, pour elle même et pour l'étranger.
Il est très important que la voix de la France, dans le domaine
de l'audiovisuel, de la radio, de la télévision, soit écoutée
à l'étranger. C'est le cas de RFI pour la radio, de TV5
pour la télévision, qui diffusent des informations à
l'étranger. Il y a trop de pays dans le monde qui n'entendent pas
la voix de la France, qui ne la reçoivent pas. Soit parce qu'ils
sont loin de l'Europe, soit parce que les accord bilatéraux empêchent
des diffusions.
Nous nous battons pour que la voix de la France soit entendue, dans un
souci de francophonie, et diffusion de notre culture qui est un élément
essentiel de la présence française à l'étranger.
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